Acheter une voiture aux États-Unis

Terriblement jolie et sexy, voici une réplique miniature de la mythique Ford Thunderbird

Plus d’un mois avait passĂ© depuis mon arrivĂ©e Ă  Princeton et le besoin d’avoir une voiture se faisait ressentir. J’en avais enfin terminĂ© avec les dĂ©marches administratives et je pouvais enfin envisager d’acquĂ©rir une voiture aux États-Unis. Dans cet article, je vais vous raconter comment s’est passĂ© cet achat et vous donner des astuces pour ne pas vous faire avoir. J’aborderai l’obtention du permis de conduire, l’immatriculation et l’assurance de la voiture dans un article Ă  venir.

Du besoin d’avoir une voiture

Avant de vous parler de l’achat de ma voiture, j’aimerais revenir rapidement sur les raisons qui ont motivĂ© cette acquisition. En semaine, je perdais presque trois heures quotidiennement (et le weekend, ce n’était pas beaucoup mieux) pour me dĂ©placer en transports en commun entre chez moi et mon bureau (comparaison illustrĂ©e ci-dessous). Pourtant, seulement 10 km sĂ©paraient ces deux endroits.

Se rendre au travail en bus…
… VERSUS s’y rendre en voiture

De plus, mon abonnement aux transports en commun me coutait 140 dollars par mois, un prix relativement Ă©levĂ© et dissuasif. Il faut dire que la faible densitĂ© de population de Princeton, originaire d’un Ă©talement urbain typique amĂ©ricain, implique une couverture difficile et plus couteuse de l’ensemble de la population.

En effet, un kilomètre de ligne de bus dans une grande ville comme New York est empruntĂ© par beaucoup d’usagers car les gens sont empilĂ©s verticalement dans des tours. A Princeton, ce mĂŞme kilomètre longe quelques grandes maisons, abritant une ou deux voitures de surcroit et touche ainsi beaucoup moins de personne.

Bref, je ne suis pas un mordu de l’automobile et je souhaitais ne jamais avoir Ă  possĂ©der une voiture, principalement Ă  cause de la charge financière que cela reprĂ©sente. Cependant, le gain Ă©tait trop Ă©vident pour fermer les yeux. C’est comme cela que j’ai commencĂ© Ă  me mettre en quĂŞte d’une libertĂ© Ă  4 roues.

A la recherche de la voiture idéale

OĂą rechercher ?

« Monsieur, croyez-moi, ça c’est de la voiture qu’elle est bien pour la conduire »

N’y connaissant absolument rien en matière d’automobile, c’est Ă  coup de recherches sur Google et de questions posĂ©es a mes collègues que je me suis frayĂ© un chemin dans cet univers. J’ai ainsi appris qu’il valait mieux que j’évite de passer par un garage ou un car dealership, car aux États-Unis, la marge que prend le vendeur n’est pas une garantie que le vĂ©hicule a Ă©tĂ© complètement testĂ© ou sera rĂ©parĂ© sans frais si jamais il tombe en panne au bout de deux semaines.

Je me suis aussi intĂ©ressĂ© a la location longue durĂ©e mais comme j’avais un credit score inexistant, le prix demande Ă©tait trop Ă©levĂ©. C’est ainsi que j’ai orientĂ© mes recherches vers la vente entre particuliers. Deux sites internet ont retenu mon attention : Craigslist d’un cĂ´tĂ©, remake amĂ©ricain du site Leboncoin, et de l’autre TigerTrade, Ă©quivalent Pricentonien du site Leboncoin Ă  destination principale des Ă©tudiants de l’universitĂ©.

Quel type de voiture

Mes objectifs Ă©taient d’avoir une voiture fiable, sĂ»re et minimisant la perte liĂ©e a sa revente au bout des 18 mois de mon VIE. J’ai lu qu’acheter une voiture âgĂ©e de 6 Ă  9 ans Ă©tait un bon compromis en terme de rapport qualitĂ©/prix. En effet, les voitures perdent très vite de leur valeur au dĂ©but de leur vie et après 10 ans, elles sont certes beaucoup plus abordables, mais certaines pièces vitales commencent Ă  lâcher et les remplacer peut revenir cher comparativement Ă  la cote de la voiture.

Valeur d’une voiture par annĂ©e. Après seulement 5 ans, elle a dĂ©jĂ  perdu 60 % de sa valeur.

Une chose m’a beaucoup aidĂ© Ă  en savoir plus sur les voitures que je croisais dans les petites annonces : le VIN (Vehicle Identification Number). Ce numĂ©ro unique est prĂ©sent sur toutes les voitures vendues aux États-Unis et est facilement visible, bien souvent dans un coin du pare-brise. Une fois connu, il est possible de consulter l’historique du vĂ©hicule sur internet. Le site internet vincheck.info permet de rĂ©cupĂ©rer ces informations gratuitement.

Dans cet historique, on peut voir les diffĂ©rentes opĂ©rations de maintenance qu’a subi la voiture ainsi que ses Ă©ventuels accidents. Et pour les accidents, une propriĂ©tĂ© du vĂ©hicule est très importante, c’est son title. Il est prĂ©fĂ©rable d’acheter une voiture avec un clean title et d’éviter les salvage titles. Une voiture possĂ©dant ce titre pourrait ĂŞtre refusĂ©e par les assureurs et sans assurance, il serait alors illĂ©gal de rouler avec.

Personnellement, je fais confiance a une voiture accidentée avec un clean title car cela veut dire que le vendeur ne cache rien du passé de la voiture et que les réparations sont officielles et ont potentiellement été bien faites. Une voiture avec un clean title, vendue à un prix trop bas pour être vrai et officiellement jamais accidentée pourrait être une voiture accidentée mais réparée au noir, sans que l'assurance ne soit tenue au courant. Et qui dit réparation incognito dit réparation douteuse.

Essayer la voiture et faire une offre

Bref, après plusieurs essais de vĂ©hicules infructueux, j’ai finalement trouvĂ© ma petite voiture, une Scion Tc de 2010 qui m’a plu au premier regard. Derrière cette marque se cache en fait Toyota. J’avais lu auparavant que les voitures asiatiques sont de bonnes voitures car plus fiables que la moyenne et moins chers Ă  entretenir. VoilĂ  qui n’était pas pour me dĂ©plaire.

Je me suis donc rendu chez la vendeuse un soir après le travail pour pouvoir l’inspecter et l’essayer longuement. Une fois de plus, n’y connaissant rien en voitures, c’est en m’aidant d’internet que je me suis fabriquĂ© une checklist d’élĂ©ments Ă  contrĂ´ler (en m’inspirant par exemple de celle-ci). La vendeuse a Ă©tĂ© très patiente et m’a laissĂ© tout regarder de près et jouer avec tous les Ă©quipements intĂ©rieurs. C’était pour moi un signe supplĂ©mentaire de sa sincĂ©ritĂ©. Après une bonne heure en compagnie de la voiture, je lui ai fait une offre.

Ma petite Scion Tc – MillĂ©sime 2010 – Robe noire, aileron a l’arrière et jantes en alu, tmtc.

La vendeuse demandait 6000 dollars. La voiture Ă©tait en bon Ă©tat, les pneus n’étaient pas fatiguĂ©s et elle m’avait assurĂ© qu’en tant qu’ingĂ©nieur en gĂ©nie mĂ©canique, elle avait pris grand soin de la voiture et qu’elle Ă©tait triste de s’en sĂ©parer. J’ai demandĂ© a mes collègues quelle offre semblait raisonnable et j’ai regardĂ© sur le site internet Kelley Blue Book sa cote.

En quelques clics et en fournissant les dĂ©tails concernant la voiture, le site m’a retournĂ© une fourchette de prix pratiquĂ©e par les professionnels et les particuliers. Cela me confortait dans l’idĂ©e que je pouvais nĂ©gocier le prix. J’ai finalement proposĂ© 5500 dollars et après quelques heures d’hĂ©sitation (simulĂ©e ?), elle a acceptĂ©. J’Ă©tais excitĂ© et impatient, j’allais acheter ma toute première voiture !

Devenir le nouveau propriétaire de la voiture

Se procurer de l’argent

Un problème s’est alors posĂ© Ă  moi. La vendeuse souhaitait ĂŞtre payĂ©e en cash. J’ai Ă©tĂ© surpris mais j’avais lu que c’était courant aux États-Unis. J’avais cependant encore une crainte, celle de ne pas pouvoir obtenir 5500 dollars en liquide aussi rapidement. J’avais transfĂ©rĂ© rĂ©gulièrement en amont assez d’argent sur mon compte amĂ©ricain car je savais que j’allais acheter une voiture. L’argent Ă©tait donc bien lĂ , mais qu’allait dire la banque ? Devais-je les appeler avant de m’y rendre ?

A ma grande surprise, ce fut très simple. Je me suis prĂ©sentĂ© sans rendez-vous au guichet de mon agence Bank Of America et j’ai dit avec un peu d’hĂ©sitation et Ă  voix basse que je souhaitais retirer 5500 dollars en liquide. L’employĂ©e qui se trouvait ce jour lĂ  derrière le comptoir n’a pas sourcillĂ©. Elle m’a demandĂ© ma carte VISA et mon passeport et a d’un coup disparu. Un instant plus tard, elle revenait avec beaucoup de billets et nous les avons comptĂ©s ensemble. Après quoi, elle a placĂ© ce trĂ©sor dans une enveloppe qu’elle m’a tendue. Je suis reparti de la banque un peu paranoĂŻaque, voyant en chacun un potentiel voleur.

Se retrouver avec 5500 dollars en liquide sur son bureau, une scène pas si extraordinaire que ça aux États-Unis

Payer et obtenir le transfert de propriété signé

Avant de me rendre chez la vendeuse pour rĂ©cupĂ©rer la voiture, j’ai souscrit Ă  une assurance automobile car il est obligatoire d’en avoir une pour sa voiture dès le premier jour et ce mĂŞme avant de l’avoir immatriculĂ©e (article Ă  venir sur le sujet).

Je suis donc arrivĂ© chez elle et j’ai refait un tour de la voiture pour vĂ©rifier que je n’avais rien oubliĂ©. Ensuite, elle m’a montrĂ© une feuille violette, c’était le certificate of title et au dos se trouvait une partie a remplir qui permettait de transfĂ©rer la propriĂ©tĂ© de la voiture. Elle l’a rempli et a signĂ©, puis j’ai fait de mĂŞme. Elle y a indiquĂ© notamment le nombre de miles parcourus par la voiture au moment de la vente, le prix auquel elle me l’a cĂ©dĂ©e et son Driving Licence Number (numĂ©ro de permis de conduire amĂ©ricain).

Certificate of title – Face A
Certificate of title – Face B

Après quoi, je lui ai donnĂ©e l’argent en Ă©change de ce papier violet et c’était terminĂ©. J’avais dans les faits donnĂ© 5500 dollars pour repartir avec uniquement un bout de papier violet signĂ©. Elle a gardĂ© la voiture et les clĂ©s et est retournĂ©e chez elle. Point.

Fin de l’histoire ? Non, Ă©videment. Une fois ce papier en main, je devais maintenant me prĂ©senter au DMV (Department of Motor Vehicles) avec ce transfert de propriĂ©tĂ© pour associer officiellement la voiture a mon nom et obtenir les plaques d’immatriculation. Le plan Ă©tait que je passe rapidement ces Ă©tapes et qu’elle vienne me livrer la voiture la semaine suivante. N’ayant pas d’endroit pour garer la voiture chez moi et Ă©tant impossible de garer la voiture dans un garage ou dans la rue sans plaque d’immatriculation, c’Ă©tait la meilleure option. Malheureusement tout ne s’est pas passĂ© comme prĂ©vu et ça sera le sujet du prochain article. A bientĂ´t pour la suite !

Une rĂ©ponse sur “Acheter une voiture aux États-Unis”

  1. Salut Romain,

    Merci pour tous ces très intéressants moments de vie aux USA. Très impatient de connaître la (les) suite.s.

    Juste pour ton info, acheter un vĂ©hicule d’occaz en Fr, n’est pas source de tranquillitĂ© ni de garantie. (demande Ă  ChloĂ©). MĂ©dite ce dicton : « Pas de voiture, pas d’emmerdes ».

    A bientĂ´t

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